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Test : Fairy Tail sur Nintendo Switch

Caractéristiques du jeu

  • Catégorie(s) : J-RPG
  •  Editeur(s) : KOEI TECMO EUROPE
  • Développeurs(s) : GUST Studios
  •  Voix : Japonais
  • Sous-Titres : Anglais, Français
  • Date de sortie : 30/07/2020
  • Joueur(s) : 1
  • Taille : 6606 MB
  • Classe d’âge : 12+

Après un report de plusieurs mois, les nombreux fans du manga créé par Hiro Mashima peuvent enfin mettre leurs Joy-Con sur la première adaptation en jeux vidéo de Fairy Tail. L’œuvre, qui compte 63 volumes manga et 328 épisodes pour son adaptation en Anime, contient donc tout le matériel nécessaire pour offrir au joueur une aventure digne de ce nom. Nous allons donc voir dans ce test de Fairy Tail sur Nintendo Switch si les développeurs de chez Gust ont su relever le défi.

Un jeu pour les fans ?

C’est la première question que l’on peut se poser avant de lancer le jeu… Et c’est malheureusement la première impression que l’on a ! En effet, le titre commence directement par le combat contre un certain Hadès. Les personnages ont tous l’air de se connaître très bien et… c’est le cas puisque dans l’anime, cet épisode se déroule au numéro 120 ! Si les non-connaisseurs peuvent ressentir un peu de frustration ; la suite ressemble à un nouveau départ, tout du moins côté expérience des héros. Sans rentrer dans les détails afin d’éviter tout spoil malvenu, la guilde va se retrouver « gelée » pendant 7 longues années. Ce n’est pas le cas des autres qui ont continué de progresser, d’engranger de l’expérience et d’augmenter leur réputation. Fairy Tail se retrouve donc tout en bas de l’échelle et le joueur va devoir faire en sorte qu’elle retrouve sa place de leader.

Afin de faire monter un peu plus la pression, des jeux magiques ont été créé durant l’absence de notre petite troupe. Si on peut les comparer aux Jeux Olympiques, ils servent avant tout à classer les différentes guildes de Fiore selon leur puissance… Autant dire qu’il est hors de question pour Natsu, Grey, Erza et les autres de ne pas remporter la compétition ! Et bien entendu la prochaine édition commence dans trois mois.

Au boulot !

Sept ans, c’est suffisamment long pour que beaucoup de personnes aient oublié l’existence de Fairy Tail ou la puissance de ses membres. De ce fait, les premières quêtes disponibles sur le tableau seront de rang D et d’un intérêt… disons discutable : aller chercher un objet, jouer le facteur, trouver quelqu’un s’étant perdu en bordure d’un chemin. Fort heureusement, tout ceci n’est qu’un prétexte pour introduire les différentes notions qui serviront tout au long de notre partie. Chaque réussite apportera au joueur de l’or, des objets, et, surtout, élèveront la réputation de la guilde. Pour tout nouveau palier atteint la difficulté et donc l’intérêt des missions va croître (de D à A puis S) pour notre plus grand plaisir : le rang S offrant les challenges les plus épiques.

Des batailles avant tout

Le jeu de Gust n’est pas là pour nous permettre de flâner au travers de Fiore, bien au contraire. Ici, l’exploration est assez réduite avec des objectifs indiqués clairement sur la carte, des objets « dissimulés » mais en surbrillance, un fast travel disponible dès qu’un lieu a été visité… Cela plaira, ou pas, mais va permettre au joueur de se concentrer sur les combats ; qui sont en fait le cœur du titre (un peu comme dans le manga en somme). Les ennemis sont visibles et il suffit de les toucher pour commencer à se battre. Mais ils peuvent être esquivés assez facilement pour la plupart.

Les développeurs sont restés très classiques : notre équipe pourra aller jusque cinq mages (parmi seize) et les ennemis sont positionnés sur un quadrillage de neuf cases. Lors de la sélection des attaques quatre choix nous sont offerts : utiliser un objet, une attaque physique qui n’a pour seul avantage de ne pas consommer de mana mais dont la puissance frôle l’inutilité, la garde et, enfin, une attaque magique. Cette dernière est l’option la plus développée puisqu’elle offre de multiples choix en fonction du personnage, de son niveau ou encore de son type magique…

Les sorts ont tous leur propre schéma d’attaque avec une quantité de dégâts différente en fonction du positionnement des ennemis sur le damier. Il faudra également composer avec les résistances des uns et des autres avant de valider son choix. Mais, pas d’inquiétude, tout est clairement indiqué lors de la sélection. Gust a fait du bon travail de ce côté, rendant l’ensemble très lisible même pour un néophyte de l’univers du manga.

Rassurez-vous, ce n’est pas tout. En effet, après avoir porté un certain nombre de coups une jauge se remplit. Il est possible de l’utiliser afin de déclencher un combo dévastateur : chaque personnage de l’équipe peut attaquer à tour de rôle et le joueur choisit quelle sera la puissance du sort utilisé (les plus forts utilisant bien entendu des points de magie). Et si le minimum au début de l’aventure est de cinq, la jauge pourra monter à plusieurs dizaines au bout de quelques heures de jeu et avec des affinités entre magiciens améliorées. La bonne gestion de cette jauge pourra être primordiale, en particulier contre les boss.

Pour en terminer sur les combats, et après avoir reçu quelques torgnoles bien violentes, il sera possible d’éveiller nos personnages. Cela aura pour premier effet de leur redonner une partie de leurs points de vie et de mana et aussi de booster temporairement leurs statistiques. Cerise sur le gâteau, certains comme Natsu accéderont à de nouveaux choix d’attaque encore plus dévastatrices… De quoi faire regretter à n’importe qui d’avoir croisé votre chemin !

Si l’ensemble paraît un peu trop simple de prime abord, les développeurs ont ainsi réussi à offrir suffisamment d’options au joueur pour rendre les combats intéressants sans perdre en chemin ceux n’ayant pas l’habitude des J-RPG.

Un contenu très correct

Boucler l’histoire principale devrait vous occuper entre 25 et 30 heures, comptez-en toutefois une petite cinquantaine pour tout débloquer. En effet, les bonus sont légions entre l’encyclopédie des personnages, les médailles, le glossaire, les minis films, les musiques ou encore les conversations amicales. Ces dernières auront aussi pour effet de resserrer les liens entre les mages ce qui autorisera la réalisation d’enchaînements encore plus longs. Cet aspect n’est donc pas à négliger. Il est également possible d’aller chez Lucy (une des héroïnes dont la maison est régulièrement le théâtre d’interactions entre les membres de Fairy Tail). Vous y trouverez une commode permettant de… changer les tenues des personnages jouables ! À vous de toutes les récupérer ou pas… puisqu’uniquement esthétiques. Nikola y a élu domicile et nous échange des bonbons (à looter lors de vos déplacements) contre des récompenses.

Il faudra aussi penser reconstruire le QG de la guilde. Seul le tableau des quêtes est disponible au début puis, en ramenant des éléments récupérés lors de nos allées et venues, de nouvelles sections sont ajoutées et améliorées : le bar géré par Cana où de nombreuses boissons énergisantes seront achetables afin de booster temporairement les héros, le magasin de Lisanna ou encore le laboratoire de Reby pour créer des éléments nécessaires à la réalisation d’amulettes, lacrimas… qui, une fois équipées, influeront sur les statistiques des porteurs. C’est par ailleurs la seule manière de les modifier. Si ce choix de la part de Gust paraît encore une fois trop simpliste, il offre suffisamment d’options pour contenter tout le monde.

Et la réalisation ?

Cela fait maintenant de nombreuses années que le Cel Shading est utilisé dans les adaptations de mangas et c’est toujours aussi efficace. Malheureusement pour nous, Fairy Tail n’atteint pas le niveau que l’on pourrait espérer pour une production de 2020. Le titre est loin d’être désagréable à regarder, mais les textures auraient pu être plus fines par exemple. Idem pour les villes où tout est un peu trop carré et manque de vie. Il y a bien quelques passants dans les rues, mais le charme n’opère pas. On y passe mais on ne s’attarde pas. De plus, le framerate souffre tout particulièrement dans ces quelques phases de déplacement alors qu’il n’y a pas lieu. Cela ne gêne en rien, mais fait un peu tâche. À l’inverse on sent clairement que tout ce qui touche au combat et aux personnages a bénéficié d’un traitement particulier : c’est coloré, vivant, bourré de références au manga et les développeurs n’ont pas été avares en effets pyrotechniques pour sublimer les nombreux sorts lancés. On se régale et on en redemande ! Un petit bémol tout de même pour les fans de Lucy dont les invocations ne sont pas toutes présentes ou n’ont pas toutes une animation en 3D. Un dernier point concernant le bestiaire que l’on aurait aimé un peu plus fourni pour éviter l’utilisation trop nombreuses de versions colorées différentes.

Coté sonore, les oreilles des joueurs ont le droit à un traitement de faveur ! Nous avons donc les musiques officielles (44 titres sont à écouter dans la galerie) ainsi que la VO japonaise avec les voix de l’animé, un pur régal. Pas d’inquiétude à avoir si vous ne parlez pas le japonais puisque l’intégralité du jeu est sous-titré en français… enfin à peu près… En effet, la qualité de la traduction n’est pas toujours au niveau avec des erreurs grossières : « Fairy Tail » se retrouvant parfois écrit « Queue de Fée », le personnage de « Grey » se voit affublé d’un joli « Gris », Ichya qui dit « Men » se voit dire « Maine », plus des erreurs d’orthographe. S’il n’y a pas de conséquence directe sur le gameplay cela reste dommageable pour un titre vendu sur le sol français. Espérons qu’un patch soit vite déployé pour corriger tout ça.

Erratum : le mois d’août étant synonyme de vacances, j’étais parti loin du monde civilisé. J’ai pu mettre la main sur le patch day one de Fairy Tail et de nombreux changements ont été apportés : erreurs mineures de scénario, problèmes de caméras pendant l’éveil de Luxus, quelques changements d’expressions lors de certaines scènes ET de multiples corrections de traductions. Difficile de retourner en arrière sans tout recommencer à zéro pour vérifier, mais depuis c’est mieux… beaucoup mieux !

Galerie D'images

Malgré la remise à zéro de la guilde offerte par le scénario original, le fait de ne pas commencer au début de l’histoire risque de laisser beaucoup de néophytes de l’univers du manga sur le côté. Pour compenser, Gust nous offre un jeu faisant la part belle aux combats et à l’histoire. Les fans d’explorations devront se tourner vers un autre titre. De plus, ces phases sont poussives malgré une qualité visuelle un peu en retrait comparé au reste du jeu. Rien à redire lors des joutes où les effets pyrotechniques sont nombreux ! Les fans seront ravis, les autres n’hésitez pas vous plonger dans l’univers d’Hiro Mashima pour accompagner vos nombreuses heures de jeu (mais attention aux spoils…).

Ce test de Fairy Tail sur Nintendo Switch a été réalisé à partir d’une version offerte par l’éditeur.

En bref

Avantages

  • Enfin un jeu Fairy Tail ! 
  • Des combats dynamiques et intéressants
  • L’humour et l’ambiance respectée
  • Le patch Day one à télécharger pour corriger les textes
  •  La VO ! Un régal

Défauts

  • Mais un peu trop “Fan service”
  • Une exploration trop minimaliste
  • Les chutes de framerate en ville !
  • Le patch Day one à télécharger pour corriger les textes
  • Attention aux spoils selon votre avancée dans le manga / Animé
Notre Note :
3.5/5