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Test : Loop Hero sur Switch

Caractéristiques du jeu

  • Sous-Titres : Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Japonais, Coréen, Néerlandais, Portugais, Russe, Chinois
  • Date de sortie : 09 décembre 2021
  • Joueur(s) : 1
  • Classe d’âge : 12 ans

Ce test de Loop Hero sur Nintendo Switch a été réalisé sur une partie complète de 20 heures.


À l’instar d’un vieux chanteur de variété qui ne veut pas raccrocher malgré avoir fait trois fois ses adieux à la scène, il existe des rédacteurs qui, malgré leur annonce de “dernier test” dans un enthousiasme ampoulé à la voix chevrotante d’émotion, reviennent inlassablement vous imposer leur verbiage pompeux pour vous parler de Ptijeuindé™. Bref, donc je reviens écrire des bêtises et, évidemment, quel meilleur jeu pour repartir à l’aventure que Loop Hero ?

Développé par les Russes de Four Quarters, Loop Hero vous place dans la peau d’un… d’un héros. Dans un monde aux allures fantastico-médiévales, vous réalisez que les étoiles s’éteignent une à une. Vous vous précipitez dans un lieu que vous pensez sûr, mais alors même que vous êtes en chemin, la réalité s’effondre sur elle-même. Tout disparaît dans les profondeurs du néant et s’effondrant sur lui-même, le monde laisse place à un vide total. Il n’y a rien, pas de temps, pas d’espace, pas de souvenirs, il n’y a que la Liche, responsable de cette destruction, vous et un chemin. Ainsi commence ce titre aux allures de jeu old-school. Dépossédé de vos souvenirs, vous allez parcourir inlassablement une route en essayant de recréer de mémoire les environnements qui la composaient. Prenant pour prétexte une quête de souvenirs et la reconstruction du monde, Loop Hero cache en réalité un mélange savoureux d’idle game, de deck-buiding, de roguelite et de gestion.

À l’instar de notre protagoniste, le joueur va découvrir à force de parties les divers aspects du jeu, ce qu’il convient de faire ou d’éviter et va baser toute sa manière de jouer sur son expérience. Au début complètement victime de la RNG, les connaissances que l’on acquiert au fil des boucles va nous permettre d’aller toujours plus loin. Vous êtes lâché dès votre première partie sur cette route vide. Il n’y a rien que la route, votre héros, un blob. Vous avancez et découvrez cet ennemi que vous combattez passivement (vous n’avez aucune incidence sur les combats, uniquement sur la gestion de votre équipement qui va ainsi influer le déroulement des affrontements). Il lâche une première pièce d’équipement, une épée. L’équipant, vous découvrez ainsi que ces petites tuiles vont servir à booster votre personnage. Est également lâché une carte qui va se loger en bas de votre écran. Représentant une montagne, elle représente une partie du paysage que vous pouvez placer comme vous le voulez sur la carte. Cette carte va générer des ressources qui iront dans votre besace. Plus vous combattez d’ennemis, plus vous trouverez d’équipements aux stats diverses et de tuiles aux effets variés. Génératrices d’ennemis, de bonus, de malus, chaque partie est différente et chaque build d’équipement trouve son avantage suivant la situation.

Plus vous complétez de boucle, plus les cartes s’enchaînent et font progresser votre plateau de jeu, votre armure et vos découvertes. Et c’est à ce moment précis que vous aurez la même sensation que moi : celle d’avoir mis le doigt dans un engrenage d’addiction et d’optimisation qui ne s’arrêtera que lorsque votre employeur vous enverra un recommandé avec accusé de réception pour vous demander pourquoi vous n’êtes pas venus bosser depuis une semaine. Car Loop Hero n’est pas un simple idle game où il suffit d’être distraitement occupé en faisant autre chose. Il faudra faire attention à la disposition du plateau, les ennemis générés, les stats nécessaires pour compléter les boucles, le cycle du soleil qui à chaque fois fait apparaître de nouveaux ennemis et résout certains effets de cartes et la jauge de Liche (plus vous posez de tuile, plus elle avance et une fois remplie, la Liche apparaît et vous devrez l’affronter afin de mettre fin à ce cauchemar).

Bref, un jeu qui en apparence semble simple et peu demandant mais qui en réalité s’avère aussi simple à apprendre que complexe et profond à maîtriser. Pour couronner le tout, certaines cartes synergisent selon leurs dispositions, essayez par exemple de former un carré de 9 montagnes pour voir. Chaque boucle se termine quand vous arrivez au feu de camp et là vous avez le choix de vous replier en emportant 100% de vos ressources ou bien de tenter une nouvelle boucle. Alors, serez-vous gourmand ou raisonnable ? Vous êtes assez grand pour choisir tout seul, sachez simplement que la mort ou le repli en dehors du feu de camp ne vous laisseront pas emporter tous vos trésors…

Hors du plateau, vous découvrez un petit groupe de réfugiés qui semblent être aussi dépités que vous du cataclysme. Essayant peu à peu de recréer une communauté accueillante, ils sont la raison de votre collection de ressources. En effet, plus vous collectez de ressources, plus vous débloquerez de bâtiments à construire, avec leurs effets particuliers. Partir avec un équipement de base, des potions, débloquer de nouvelles classes de personnage ? À vous de développer votre petite colonie, en découvrant à chaque fois de nouvelles têtes aux dialogues savoureux (mention spéciale à la traduction française d’une très bonne qualité).

Enrobé dans un écrin du plus pur style “les années Rubik’s Cube”, Loop Hero fait la part belle aux synthétiseurs vituels et au pixel art soigné. Un minimalisme bienvenu qui n’empêche pourtant pas de raconter une histoire rondement menée. L’écriture est drôle et profonde et l’aspect in game offre suffisamment d’éléments pour à la fois nous laisser imaginer notre univers et le voir prendre vie sous nos yeux. L’ambiance est extrêmement bien réussie, on ressent le côté “Néant” et la chaleur d’un feu de camp salvateur à la fois. Tout ceci tient dans une direction artistique léchée au charme fou. J’ai d’abord saigné le jeu à sa sortie sur PC et en y jouant, je me désolais qu’il ne soit pas sur Nintendo Switch, l’aspect addictif, court et nerveux des parties me donnant envie de pouvoir y jouer absolument partout. Et bingo, joyeux Noël, il sort en ce début décembre sur l’hybride qui claque des doigts. Le portage est de qualité, certes sur tout petit écran, il sera nécessaire d’avoir de bons yeux mais le gameplay se prête très bien au mode portable. L’ergonomie reste cependant assez bancale malheureusement. Si l’aspect tout tactile permet un confort très appréciable en mode tablette, le mode docké ne vous laisse pas d’autre choix que d’utiliser les joysticks et on se retrouve face à des choix un peu étranges. Le joystick gauche va faire office de curseur, le droit va influer sur les barres de défilement mais il y a une sorte de mollesse qui rend la prise en main étrange; je ne peux que conseiller d’abuser du D-Pad, qui permet de trouver la précision nécessaire au placement des tuiles. De même, être dans un menu et devoir appuyer sur B + D-Pad pour naviguer dans celui sur le côté semble parfois peu intuitif. Sans non plus gâcher le gameplay, car on s’adapte facilement, il aurait été préférable d’abandonner totalement l’aspect curseur au profit d’une toute nouvelle interface, mais on reste sur un petit studio et repenser entièrement l’UI d’un jeu qu’on porte déjà sur une autre plateforme ajoute une masse de travail bien trop conséquente.


Loop Hero est un incontournable du jeu indépendant. Offrant une profondeur de gameplay et d’écriture bienvenue, une ambiance rétro qui ne se contente pas d’être du fan service pour trentenaire nostalgique et surtout qui permet aux joueurs de connaître le frisson de “la p’tite der’ “, on assiste là à une réussite totale. Bien sûr, il faut aimer le côté répétitif, découvrir de nouvelles choses, expérimenter et ne pas avoir peur d’être lâché seul face à un univers impitoyable où connaissances et chance marchent mains dans la main. Certaines parties seront injustes, d’autres incroyablement satisfaisantes. Il y aura de la frustration, de l’échec, de la réussite, mais ce qui est certain, c’est que Loop Hero est un incontournable du jeu indépendant. Offrant une profondeur de gameplay et d’écriture bienvenue, une ambiance rétro qui ne se contente pas d’ être du fan service pour trentenaire nostalgique et surtout qui permet aux joueurs de connaître le frisson de “la p’tite der’ “, on assiste là à une réussite totale. Bien sûr, il faut aimer le côté répétitif, découvrir de nouvelles choses, expérimenter et ne pas avoir peur d’être lâché seul face à un univers impitoyable où connaissances et chance marchent mains dans la main. Certaines parties seront injustes, d’autres incroyablement satisfaisantes. Il y aura de la frustration, de l’échec, de la réussite, mais ce qui est certain, c’est que Loop Hero est un incontournable du jeu indépendant. Offrant une profon-

Ce test de Loop Hero sur Nintendo Switch a été réalisé à partir d’une version offerte par l’éditeur.


EN BREF

Les +

  • Un gameplay plus profond qu’il n’y paraît
  • Une ambiance parfaite
  • Rejouabilité infinie
  • Laisse la part belle à l’expérimentation

Les –

  • Des choix d’UI parfois douteux
  • Le jeu ne vous prend pas par la main (pas vraiment un point négatif pour moi mais c’est à savoir)
  • A des chances de vous couper du reste du monde
  • Marcel, reviens au bureau, tu nous manques

Galerie d’images

Summary
Review Date
Reviewed Item
Loop Hero
Author Rating
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Software Name
Loop Hero
Software Name
Nintendo Switch
Software Category
Video Games