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Test Switch : Oddworld – Munch’s Oddysee

Caractéristiques du jeu

  • Catégorie(s) : Aventure/ plateformes/ Action/ puzzle-game
  • Editeur(s) : Oddworld Inhabitants
  • Développeurs(s) : Oddworld Inhabitants
  • Voix : Anglais
  • Sous-Titres : Anglais
  • Date de sortie : 14 mai 2020
  • Joueur(s) : 1
  • Taille : 768 Mo
  • Classe d’âge : 12

La vie est souvent cruelle avec les petits animaux sans défense. Cette vérité est d’autant plus vraie lorsque ceux-ci vivent dans le monde d’Oddworld. C’est l’amer constat que va faire Munch, un gabbit qui après avoir vu bon nombre des siens disparaître dans des filets géants s’est pris la patte dans un piège à loup. Sale journée dirions-nous, et pourtant ses malheurs sont loin d’être terminés ! Des scientifiques ont, en effet, décidé d’en faire un appât vivant afin d’attirer d’autres espèces destinées à finir en boîtes de conserve, et cela à échelle industrielle. Heureusement, Munch va pouvoir compter sur ses compagnons d’infortune, les Fuzzles, pour l’aider à sauver une faune en danger… et ses propres fesses par la même occasion !

En 1997 naissait un héros vraiment pas comme les autres. Sorte de Gaston Lagaffe de l’espace (tant dans la manière de se tenir que dans la maladresse), Abe a tout de suite su charmer les joueurs même les plus exigeants. Peut-être était-ce dû à ses pouvoirs télépathiques, qui sait ? Toujours est-il qu’encore aujourd’hui le petit Mudokon est considéré par beaucoup comme l’un des personnages les plus sympathiques du monde des jeux vidéo (après Crash Bandicoot, bien entendu !). Un an après L’Odyssée d’Abe sortait, non pas une suite, mais plutôt un second chapitre à l’histoire d’Abe avec L’Éxode d’Abe. Ce n’est donc qu’en 2002 que le véritable nouvel opus de la saga vidéoludique sortait avec Munch’s Odyssee que nous retrouvons aujourd’hui sur Switch.

Avant de commencer à parler gameplay, il faut d’abord évoquer la singularité de la saga Oddworld. En effet, ce qui a su conquérir les joueurs du monde entier, c’est une histoire assez riche mêlant un scénario d’anticipation assez proche de celui du Soleil Vert de Richard Fleischer (ceux qui ont vu le film comprendront, les autres voyez-le car c’est un petit bijou) à un humour très premier degré. Un cocktail détonnant de critique d’un monde capitaliste se moquant de la biodiversité et de pets bien gras, en somme. C’est d’ailleurs là que le bât blesse sur ce portage Switch. Bon sang ! Pourquoi Oddworld Inhabitants ne nous a pas proposé la version française du soft, pourtant existante à l’époque sur Xbox ? Une stratégie aussi incompréhensible que dommageable, puisque les non-anglophones pourront, certes, comprendre les grandes lignes du l’intrigue, mais ils perdront les multiples subtilités des dialogues. D’autant plus que nous n’avons même pas de sous-titre anglais (sauf pour les langages extraterrestres). Espérons qu’une mise à jour viendra corriger ce (gros) point négatif.

Vient ensuite l’autre originalité des premiers opus de la saga, dont Munch’s Odyssee fait bien entendu partie : le côté assez passif de ses héros. Dans ce soft, Munch et Abe ne sont pas vraiment acteurs de la révolte, mais plutôt chefs d’orchestre. En effet, leurs pouvoirs télépathiques, qu’ils soient innés pour l’un ou artificiels pour l’autre, leur permettent de manipuler leurs congénères, comme leurs ennemis. Cependant, pas de panique car seulement trois touches (ou presque) suffisent à gérer tout ce petit monde. L’une pour attirer l’attention de vos interlocuteurs, la seconde pour leur demander de rester immobile et la dernière pour les faire interagir ou attaquer. Ainsi, vous devrez résoudre les puzzles du jeu en vous aidant d’êtres vivants et cela parfois “à l’insu de leur plein gré”. 

Alors ? Munch’s Odyssee n’est-il finalement qu’une reprise des deux premiers opus avec seulement un perso jouable en plus ? Eh bien non, là où l’Odyssée d’Abe et l’Éxode d’Abe étaient des puzzle games assez classiques dans leur aspect visuel, ce deuxième volet se démarque par une approche totalement différente. Les tableaux fixes en 2D qui servaient de décor à l’époque laissent place ici à un monde semi-ouvert en 3D, un peu à la manière d’un Spyro ou d’un Médiévil. Une différence qui permet au joueur de se sentir (un peu) plus libre de ses mouvements. 

Cela nous permet de rebondir sur le côté esthétique de Munch’s Odyssee. Nous retrouvons avec bonheur le bestiaire si particulier de la saga avec ses protagonistes mignons tout pleins et ses antagonistes tout vilains pas beaux. Un character design volontairement exagéré afin de renforcer le côté humoristique du soft. Certains joueurs regretteront cependant un portage direct de la version Xbox sur Switch, ce qui donne un aspect un peu vieillot au jeu (surtout au niveau des cinématiques affreusement pixélisées !). Pas de quoi brûler la rétine pour autant et le plaisir de jouer n’en est en rien affecté. Les actions restent lisibles même si une caméra, un peu capricieuse, vient de temps à autre jouer avec nos nerfs. 

Galerie D'images

Malgré quelques ratés, cette version de Munch’s Odyssee reste un véritable must-have de la Switch. Un petit bijou scénaristique au gameplay novateur, même encore aujourd’hui. Côté durée de vie, le soft s’en sort plutôt bien puisqu’un novice du genre devrait y passer une vingtaine d’heures. Un bon prétexte pour faire la rencontre d’Abe et surtout des adorables petits Fuzzles. Encore une fois, espérons juste qu’un correctif apportera les voix françaises et leur humour au millième degré. 

Ce Test Switch d’Oddworld – Munch’s Oddysee a été réalisé à partir d’une version offerte par l’éditeur.

En bref

Avantages

  • Un scénario très intelligent.
  • Un character design de légende.
  • Un gameplay unique.
  • Abe, ce héros aux yeux si doux !

Défauts

  • Pas de voix françaises, pas de sous-titres.
  • Des graphismes un peu datés.
  • Des puzzles un peu simples pour des habitués d’Oddworld.
Notre Note :
3.5/5