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Test : Windbound sur Nintendo Switch

Caractéristiques du jeu

  • Catégorie(s) : Aventure/Action/Survie
  • Editeur(s) : Koch Media
  • Développeurs(s) : 5 Lives Studios
  • Sous-Titres : Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Japonais, Russe, Chinois
  • Date de sortie : 28 Août 2020
  • Joueur(s) : 1
  • Taille : 1221 Mb
  • Classe d’âge : 12

Renaud chantait “C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme mais elle prend pas la femme qui préfère la montagne”. Windbound nous prouve que non. Vous y incarnez Kara, une jeune femme aux cheveux blancs et à l’énergie dévorante qui perd sa tribu dans une tempête. Désormais échouée sur une île déserte, vous devrez user de tout ce qui est à votre portée afin de survivre et découvrir le mystère de cet océan

Il y avait une blague qui tournait quand le jeu a été annoncé, chaque commentaire Youtube, croyant réinventer l’humour, disait en substance “OMG, MAIS C’EST BREATH OF THE WINDWAKER MDR”. L’humble testeur que je suis est également tombé dans le panneau. Pensez donc : du cel-shading, un planeur, un bateau, la présentation mettant l’accent sur la nature omniprésente; tout pouvait faire penser à un grand jeu d’aventure lorgnant sans vergogne du côté des blondinets à oreille pointue. Cependant votre première partie dissipera très vite ces doutes. Car le nouveau titre de 5 Lives Studios s’apparenterait plus à un mélange de survie et de roguelike, plutôt qu’un jeu réellement d’aventure comme le serait un Legend of Zelda. Prenez, Raft, Rust et The Binding of Isaac, et vous obtiendrez Windbound (les chats morts et le caca en moins).

La première île sur laquelle vous vous réveillez recèle peu de choses. Des ressources, des porcs sauvages, des phacochères et des lapins à plumes seront vos premiers voisins. Le réveil vous laisse constater deux choses : Vous êtes seule et votre bateau n’a pas survécu à la tempête. Au loin, un mystérieux autel de pierre semble vous appeler. Vous vous y rendez et découvrez un artefact mystérieux et entouré d’une lueur bleue, la Rame des Ancêtres. Bon. Vous avez la pagaie mais pas le bateau. Vous explorez un peu, cueillez de l’herbe haute et au bout de la deuxième, un petit message vous indique que vous avez débloqué la recette de la corde. Et vous comprenez alors que vous allez devoir farmer toute l’île et exploiter au maximum ses ressources si vous voulez vous en sortir vivante. La corde, élément central des premiers crafts du jeu va vous permettre de vous construire un petit canoë. Le bout de bois récupéré à côté vous permettra, une fois affûté, de vous faire une lance afin de pourfendre les porcelets gambadant joyeusement sans savoir ce qui les attend. Et le bout de bois + le brin d’herbe + un caillou vous offrira un feu de camp bien utile pour y faire griller de la viande. 

Et oui comme tout bon jeu de survie qui se respecte, ce ne sont pas tant vos PV que votre barre d’endurance qui va donner le change. Vous démarrez avec une jauge identique à votre barre de vie qui vous offrira le boost nécessaire au sprint, à la nage ou au combat. Si Kara est une véritable triathlète, elle n’en est pas moins humaine, et courir après les lapins ou nager ça creuse. Et petit à petit, votre barre d’endurance se rétrécira jusqu’à parfois ne plus vous laisser de quoi faire une seule esquive sans vous retrouver sur les genoux. Et pour ça, vous allez manger tout ce que vous trouverez. Si les premières baies ou champignons semblent faire l’affaire, vous vous rendrez très vite compte que tuer sera nécessaire car la viande est ce qui vous redonnera le plus de stamina. Et le petit porc inoffensif vous donnera un petit steak, mais braver le gros Encorneur (un mélange entre l’auroch, et Dwayne Johnson, un Aurock quoi) vous donnera deux grosses pièces de viande qui, elles, s’avèreront un repas de choix pour l’exploratrice affamée que vous êtes. 

Une fois ces principes acquis, vous aurez les bases du gameplay. Ressources = craft = amélioration de votre parcours. Votre canoë en herbe pourra à terme être remplacé par un catamaran multicoque, multimât, multivoile qui file au vent pendant que vous vous grisez de la petite ritournelle de piano accompagnant vos traversées. Si la maîtrise du vent est centrale dans Windbound, il est à noter que le pilotage du bateau demande un certain temps avant d’être maîtrisé. À la différence d’un Wind Waker, vous ne choisissez pas la direction de la brise, et devoir voguer à contre-vent est parfois très laborieux. Certains artefacts comme des proues magiques vous donneront un coup de boost mais l’autre extrême est atteint : le bateau va trop vite et la physique de l’océan vous stoppera parfois net tandis que vous renverserez votre coque de noix. Cependant, chaque mouvement du rafiot semble naturel, et c’est paradoxalement un vrai plaisir de se sentir combattre des vagues afin de parvenir à l’étape suivante de notre voyage.

Le jeu est découpé en 5 chapitres. Et chacun se déroule de la même façon : vous avez trois îles sur lesquelles se trouve une mystérieuse tour de pierre qu’il faudra activer. Une fois ces trois artefacts enclenchés, vous aurez accès au portail menant à la suite des événements. Dans ces portails vous trouverez une fresque vous racontant l’histoire d’un peuple ancestral dont vous trouverez des traces ça et là, ainsi qu’une petite épreuve de navigation vous amenant à l’entrée du chapitre suivant, non sans vous offrir la possibilité d’acheter un upgrade qui peut vous êtes sacrément utile pour la suite de la partie. Si le chapitre 1 est relativement gentil avec vous, les suivants apportent leur lot de monstres, dangers et biomes qui demanderont de la prudence ainsi qu’une bonne préparation.

Car chaque combat peut être fatal et le titre ne vous fera pas de cadeau : la mort vous ramène directement à la case départ, en vous laissant les objets présents dans vos poches certes, mais exit tout ce qui n’y était pas, exit le bateau et on dit au revoir à toute votre progression. Je ne vous dis pas la rage qui m’a fait insulter la Terre entière lors d’une esquive ratée au cinquième chapitre. Fort heureusement, le mode de difficulté “histoire” vous est proposé, où la mort ne vous fait respawner qu’au début du chapitre en cours, sans votre bateau certes mais avec tous vos objets portés. Windbound joue alors avec nos nerfs, nous poussant à l’exploration et à la témérité mais également à la prudence et à la retenue. Serez-vous un chasseur qui va jouer de la lance avec les plus gros monstres ou bien vous percherez-vous en hauteur pour éloigner tous dangers avec votre arc ? C’est possiblement là sa plus grande force : le nombre de possibilités offertes au joueur. En termes de types de bateaux, d’armes, tout le monde trouvera son jeu personnalisé et pourra y jouer de la manière dont il le souhaite. 

Pourtant le soft n’est pas sans défaut. Lors de mon test, j’ai été confronté à divers problèmes de physique, une IA assez bancale ou même certaines morts impromptues. L’équipe a prévu un patch day one afin de pallier à ces soucis, aussi la note n’en sera pas impactée mais une confirmation du test est à prévoir afin d’observer s’il y a une amélioration ou non des problèmes rencontrés. 

La direction artistique de Windbound rappelle effectivement beaucoup les jeux d’aventure sortis ces dernières années. Breath of the wild, Wind Waker, ou encore Rime font que malgré tout le soin apporté aux graphismes et aux designs, on est rarement surpris. Cependant, certains climats, biomes ou lumières offrent de beaux moments contemplatifs et la mer est belle dans ses roulis. Le bestiaire, assez succinct offre toutefois une variété bienvenue et surtout, le comportement propre à chaque espèce ajoute encore au sentiment de découverte et d’observation nécessaire à la survie de notre aventurière. Un Encorneur n’aura pas la même façon de vous combattre qu’un Traqueur des Landes, et les Griffobscures vous surprendront aussi. Je n’en dirai pas plus, c’est à vous de découvrir tout ça. On regrette que les musiques soient si peu présentes : un rythme de percussion pour les combats, une ritournelle au piano (toujours la même) une fois à flots, un morceau épique lors des épreuves de navigation entre les chapitres et c’est à peu près tout.. 

Galerie D'images

Deuxième titre des Australiens de 5 Lives Studios, Windbound offre donc une aventure maritime aux accents roguelike-survie très bienvenue. Offrant une large variété de gameplays, et permettant par sa nature procédurale de pouvoir explorer sans cesse de nouvelles îles. À vous de dénicher la vérité concernant votre tribu, ou encore l’histoire des artefacts disséminés à travers l’océan. Que vous soyez un fana de canoë ou bien un fan de catamaran avec 40 ponts et douze mâts, Windbound aura toujours quelque chose à vous offrir. Alors sans plus attendre, jetez-vous à l’eau 

Ce test de Windbound sur Nintendo Switch a été réalisé à partir d’une version offerte par l’éditeur.

En bref

Avantages

  • Grande diversité de gameplay
  • Des sensations de navigation vraiment agréables
  • Un univers mystérieux et beau
  • De vraies sensations de survie
  • Un jeu virtuellement infini

Défauts

  • Assez répétitif par moments
  • Des bugs un peu trop gênants
  • Trop peu de diversité musicale
Notre Note :
4/5